Biographie La faim des magiciens Tempete au vatican

Tempête au Vatican

Critique et Revue de presse

Le Soir (6 décembre 2000)

La Libre Belgique (3 janvier 2001)

Vers l’Avenir (12 décembre 2000)

La Dernière Heure (13 novembre 2000)

Le Ligueur (22 novembre 2000)

Le Ligueur (31 janvier 2001)

Le Soir magazine(27 décembre 2000)

Télévif (22 décembre 2000)

En Marche (1er février 2001)

L’Appel (décembre 2000)

Quinzaine Universitaire (15 novembre 2000)

ACL Informations (janvier 2001)

Panorama (Paris janvier 2001)

La Vie ( Paris 18 janvier 2001)

 

 

 

 

Le Soir (6 décembre 2000)

« Tempête au Vatican » : une fiction pas si irréelle…

C’est de la théologie-fiction qui nous projette vingt ans en avant, et pourtant, « Tempête au Vatican », le roman que vient de publier Raphaël Jacquerye, fait des vagues dans le monde catholique belge ! L’auteur, docteur en chimie et membre de l’administration de l’UCL à Louvain-la-Neuve, n’est pas théologien – même s’il a tâté de cette discipline pendant un an – mais son polar théologique provoquera un sérieux remue-méninges dans les rangs de ceux qui trouvent que l’Eglise catholique rate singulièrement les rendez-vous avec la modernité.

Bien  qu’ayant opté pour le roman plutôt que pour l’essai, l’auteur y aligne une série de questions qui font débat actuellement parmi les chrétiens : les premières années du christianisme, la place des dogmes, l’ordination des femmes, le mariage des prêtres, le statut des divorcés remariés. Tous dossiers-brûlots qui présentent la caractéristique commune d’être irrémédiablement bloqués à Rome sous la pression de Jean-paul II, mais davantage encore de la Curie.

La Compagne du Christ

Raphaël Jacquerye fait démarrer sa réflexion lors de la découverte de nouveaux manuscrits sur Jésus et son entourage en Syrie, en 2014. Des révélations décoiffantes qui perturbent tellement la Curie qu’elle veut en empêcher la publication. Il est vrai que ces textes évoquent les querelles entre les apôtres mais aussi la relation privilégiée qu’aurait entretenu le Christ avec Marie-madelaine. Précision importante : l’auteur n’invente strictement rien, se basant sur des textes bel et bien disponibles aujourd’hui mais sur lesquels Rome fait autant que possible l’impasse, les considérant tantôt comme apocryphes ou gnostiques. En omettant de préciser qu’on en arrive aux mêmes conclusions en lisant entre les lignes des textes canoniques…

L’auteur déroule à partir de là un scénario de polar avec l’éclatement d’une terrible crise au sein de l’institution. On ne vous dévoilera pas le dénouement, mais il est pour le moins surprenant, lui aussi. Et pourtant très plausible si l’on veut avoir à l’esprit que malgré deux mille ans de traditions pesantes, le vent de la réforme souffle parfois au Vatican. Et y bouscule le conservatisme ambiant par de vrais changements comme le concile Vatican II.

Contrairement à d’autres auteurs, qui se sont lancés dans le même genre littéraire, Jacquerye a le grand mérite d’avoir vérifié toutes les données par une fréquentation très assidue de la faculté de théologie néolouvaniste.

Ainsi, lorsqu’il parle de l’encyclique « Humanae Vitae » sur le contrôle des naissances et la contraception, c’est après l’avoir soigneusement étudiée, tout comme il s’est penché sur les écrits de moult acteurs directs de ce texte qui remua les esprits en 1968. Et ainsi de suite pour tous les événements évoqués.

Un constat, Raphaël Jacquerye n’est pas tendre pour l’aile la plus dure de l’Eglise, n’hésitant pas à imaginer des coups de pouce mafieux pour éliminer des clercs trop progressistes.  Mais là encore, il n’invente rien puisqu’au début du siècle, l’Eglise fut secouée par les agissements du groupe dit de la sapinière, des ultraconservateurs pour qui tous les moyens, même les moins catholiques, étaient bons pour écarter les réformateurs. Dans le même ordre d’idées, il réserve aussi quelques traits bien acérés à l’Opus Dei…

                                                                                 Christian Laporte

La Libre Belgique (3 janvier 2001)

Le Vatican, dans la tourmente

Les intrigues vaticanes semblent décidément inspirer de nombreux auteurs. Après Jacques Neyrinck, Willy Deweert et Frère Léon, c’est au tour de Raphaël Jacquerye, docteur en sciences, de plonger ses lecteurs dans « l’univers impitoyable » de la curie romaine.

Tout commence en 2014, dans les terres arides de la Syrie, avec la découverte de manuscrits datant de la fin du IIème siècle et venant confirmer les thèses défendues par nombre d’historiens quant aux querelles intestines entre les disciples de Jésus, à la place privilégiée des femmes dans l’entourage du Christ, ou à la prééminence contestée de Pierre.

Cette découverte fait évidemment l’effet d’une bombe. Tout ce qui se chuchote depuis les années 1980 dans le cercle relativement fermé des théologiens est enfin débattu au grand jour : l’historicité des Evangiles, le modification des dogmes, le célibat de Jésus, celui des clercs, la doctrine en matière sexuelle, l’œcuménisme, etc.

Un genre particulier

La polémique est telle au sein de la curie romaine que le pape Jean XXIV décide de convoquer un nouveau concile. Malheureusement, celui-ci ne fait qu’aggraver la situation. Les clans en présence durcissent leurs positions ; l’œcuménisme vole en éclats ; l’institution romaine menace d’imploser. Le souverain pontife ne voit plus qu’une solution : remettre sa démission, non sans avoir préalablement modifié les règles de fonctionnement du conclave…

Iconoclaste sous bien des aspects, le livre de Raphaël Jacquerye alimentera certainement bien des conversations dans l’Eglise. Même si nombre de thèmes abordés font depuis longtemps l’objet de débats dans les facultés de théologie, il est rare que ceux-ci soient connus du grand public. En mettant ainsi à la portée de tous ce qui n’était réservé, jusqu’à présent, qu’à une très petite élite intellectuelle. Raphaël Jacquerye contribue de manière originale à décloisonner le savoir religieux, à l’extraire de sa gangue doctrinale. « Je crois qu’il n’est pas mauvais, confie Raphaël Jacquerye, qu’un tel livre soit écrit par une personne qui n’appartient pas à l’institution. Je suis sans doute plus libre de m’exprimer sur ces sujets que nombre de clercs ou de théologiens. »

Rigueur et exactitude

Le plus troublant dans ce roman-fiction, c’est que la plupart des faits mentionnés sont rigoureusement vrais, sauf évidemment les événements situés dans le futur. Qu’il s’agisse des découvertes exégétiques du XXème siècle, des méfaits de la Sapinière ou encore des données historiques concernant le célibat des prêtres, tout est rigoureusement exact. Raphaël Jacquerye a d’ailleurs compulsé de nombreux ouvrages scientifiques avant de prendre sa plume d’écrivain. « mes allées et venues dans la bibliothèque de théologie de l’UCL ont certainement intriguer pas mal de membres du personnel », raconte-t-il avec un large sourire.

Bien qu’il contienne tous les ingrédients classiques du polar (humour, suspense, et rebondissements), le livre manque parfois de souffle narratif. Longueurs, recours trop fréquent à l’interview ou à l’exposé didactique, quasi-absence de descriptions ou d’introspections, manque d’épaisseurs de certains personnages… La rigueur scientifique semble l’avoir largement emporté sur toute autre considération. Heureusement ces faiblesses ne nuisent que très peu à la qualité de l’ensemble. Le lecteur se surprendra plus d’une fois à rêver. « L’histoire, s’interroge l’auteur, ne nous a-t-elle pas démontré que la réalité dépasse souvent la fiction ? »

                                                                                 Pascal André

Vers l’Avenir (12 décembre 2000)

L’évolution de l’Eglise catholique à la charnière des IIème et IIIème millénaires, correspondant à la fin du long pontificat de Jean-Paul II, inspire décidément les romanciers. Le dernier du genre à la mode serait-il la « théofiction » ? Après les Allumettes de la sacristie de notre compatriote Willy Deweert, voici Tempête au Vatican. Raphaël Jacquerye, docteur en sciences, spécialisé dans les problèmes environnementaux, a par ailleurs une formation en philosophie et théologie, dont il a gardé un intérêt particulier pour l’histoire du début du christianisme.

Dans ce roman d’anticipation, situé entre 2014 et 2023, de nouvelles découvertes de manuscrits antiques éclairent notamment d’un jour nouveau le rôle des femmes autour de Jésus et dans l’Eglise primitive. Cette découverte provoque un tel choc que le Pape convoque un concile Vatican III. Dans la foulée, après un conclave passionné, les cardinaux élèvent une religieuse noire sur le siège de saint Pierre.

L’originalité du roman tient à la véracité des événements antérieurs à l’an 2000 (même si certaines interprétations en surprendront plus d’un), tandis que la fiction permet les développements les plus inattendus pour ce qui est situé dans le futur.

                                                                                 O.G.

La Dernière Heure (13 novembre 2000)

A partir de faits authentiques, comme la découverte en 1945 de nouveaux textes évangéliques, et d’autres événements tirés de l’histoire de l’Eglise jusqu’à notre époque contemporaine, Raphaël Jacquerye écrit un roman qui évoque l’avenir de l’institution millénaire. L’ordination des hommes mariés, l’accès des femmes au sacerdoce comme la contraception sont au centre d’une évolution des mentalités qui perturbe les milieux du Vatican. Les progressistes s’opposent aux traditionalistes, des controverses surgissent, un concile est convoqué, l’institution romaine craque de toutes parts, le pape démissionne et un conclave finit par élire un pape…féminin. C’est de la pure fiction, mais le récit est mené avec tant de connaissance du milieu, de pertinence et d’observation des mouvements internes du catholicisme et de ses relations avec les milieux œcuméniques qu’il en devient vraisemblable. L’avenir de l’Eglise réserve sans aucun doute bien des surprises : depuis la venue du Christ, son message a connu tant de transformations que ce qui paraît aujourd’hui invraisemblable pourrait bien être réalité dans quelques décennies…

                                                                                 P.M.

Le Ligueur (22 novembre 2000)

Tout semble commencer en 2014. mais tout événement est lié à un passé et à un avenir. Ainsi les bouleversements contés après l’an 2000 sont bel et bien des projections de l’auteur, docteur en sciences, philosophe et passionné de théologie alors que les faits relatifs avant ce deuxième millénaire sont authentiques, encore que peu connus, surtout peu révélés au public. Une lecture étonnante et détonante !

                                                                                 A. de W.

Le Ligueur (31 janvier 2001)

L’auteur est paraît-il docteur en sciences, il a acquis en outre une formation philosophique et même théologique. En particulier, il s’est intéressé aux premiers temps du christianisme et aux conflits doctrinaux qui auraient opposé les disciples de Jésus.

L’œuvre joue sur les deux tableaux. Elle recèle une analyse du présent et du passé de l’Eglise romaine, analyse qui se veut aussi objective que possible. A partir des lignes de force ainsi dégagées, Jacquerye imagine un événement (la découverte de manuscrits dans des tombes syriennes) qui précipite l’évolution du catholicisme dans des situations révolutionnaires.

Les deux aspects sont fondus dans un roman qui, grâce à une dialectique qui ne manque pas d’humour, met les conclusions des spécialistes à la portée d’un grand public cultivé que ce type de problème intéresse.

Grâce à cette démarche, l’auteur déclenche une dynamique en faveur des thèses, qui ne sont pas neuves, mais qui sont loin d’être partagées par Rome. Jésus aurait privilégié l’amour et non la loi et son cortège d’interdits. L’Eglise au contraire serait prisonnière d’un légalisme qu’elle a elle-même échafaudé au cours des siècles et dont elle ne peut sortir sans crainte de se briser. Au centre de ce processus de cristallisation, la peur du sexe. Surtout du sexe féminin. Or, les chrétiens de la base semblent avoir fait le choix opposé : celui de l’amour et non celui de la loi, sous forme d’interdits en tout cas.

Dans ce sens, le christianisme aurait encore un avenir. Mais peut-être pas le Vatican !

Posant plus de questions qu’il n’apporte de réponses, ce livre invite à la réflexion. A lire absolument.

                                                                                 M. V.d.M. 

Le Soir magazine(27 décembre 2000)

Voilà un livre qui crée des remous. Sous la forme d’une fiction et avec une technique pédagogique, Raphaël Jacquerye, docteur en sciences disposant aussi d’une formation universitaire en philosophie et théologie, nous fait vivre ce que pourrait devenir la hiérarchie de l’Eglise après Jean-Paul II. Parce qu’en 2014 des manuscrits du IIème siècle sont découverts en Syrie, un véritable séisme secoue les milieux religieux : faut-il ou non révéler au public la véritable histoire de l’origine de l’Eglise, juste après le mort du Christ ? Traditionalistes pro-Vatican et progressistes s’affrontent par médias interposés. Enjeu majeur : le statut des femmes et le rapprochement entre les religions. L’explication historique, sous forme d’interviews ou de dialogues entre exégètes, est passionnante.

                                                                                 G.L.

Télévif (22 décembre 2000)

Et quels seront les deux prochains papes ? Raphaël Jacquerye apporte une réponse pleine d’humour et un peu grinçante à cette question. Dans un récent livre « Tempête au Vatican », les faits se situant jusqu’à l’an 2000 sont exacts. Le reste est féconde imagination. En 2014, la découverte des manuscrits de Damas conduit à la démission de Jean XXIV après l’échec des réformistes dans le Concile où l’on devait en débattre. S’ensuit que le Sacré collège ne peut se mettre d’accord sur un nom. Il faudra donc choisir dans une liste de personnalités charismatiques. La tiare tombe sur la tête… d’une religieuse noire brésilienne ! Nostradamus qui parlait d’un pape espagnol (sud-américain) n’avait pas prévu cela…

                                                                                 Jean-Marc Melen

En Marche (1er février 2001)

Tempête au Vatican tient à la fois du roman et de l’essai. Un roman palpitant fait d’intrigues et de rebondissements, basés sur des faits réels mais qui se prolonge en roman fiction avec tout ce qui touche à l’avenir de l’Eglise. Ce polar s’autorise en effet à poser des questions théologiques âprement discutée dans l’Eglise catholique d’aujourd’hui : l’historicité des Evangiles, le célibat de Jésus, celui des clercs, l’ordination des femmes, la doctrine en matière de morale sexuelle, l’œcuménisme… contribuant ainsi à vulgariser des discussions qui se déroulent généralement dans des cercles plus restreints. L’auteur, Raphaël Jacquerye, qui n’appartient pas au clergé, veut amener le chrétien à réfléchir et à débattre.

En 2047, le conservateur de la bibliothèque du Vatican a accès aux documents du conclave chargé d’élire un pape en 2022. Il dévoile ce qui s’est réellement passé dans cette haute assemblée et les péripéties qui en découlèrent. Tout semble avoir commencé en 2014. Des manuscrits sont découverts en Syrie près de Damas. Les autorités du pays, informées de l’importance de ces papyrus pour le monde chrétien tentent de négocier les documents avec le Vatican. C’est un échec. Une commission internationale est chargée de la traduction des textes. Certains membres de la curie romaine veulent empêcher, par tous les moyens, le père Callagani, dominicain, de participer à cette commission. Le contenu des manuscrits est finalement dévoilé et fait l’objet de multiples discussions tant il bouscule la tradition ou du moins ce qu’on nous présente comme une tradition deux fois millénaire.

La lettre d’Ananias, disciple de Jésus, qui prodigua des soins à saint Paul, le baptisa et lui enseigna les préceptes de jésus, révèle les antagonismes profonds qui existaient entre les premiers chrétiens. La lettre démontre aussi  que l’entourage de Jésus était très féminin et confirme les révélations faites dans les papyrus de Nag Hammadi découverts en 1945 en Egypte, notamment celles relatives à la place privilégiée de Marie-Madeleine, qui recevait les secrets du Maître à la grande rage de Pierre. Quant à l’épître de Nathanaël, elle fait allusion à la famille de Jésus, mais ne tranche pas la question du célibat de Jésus. Etait-il marié comme tous les frères de Jésus et tpous les apôtres, et comme tout juif dès l’âge de dix-huit ans ?

Ces révélations se font au grand jour dans les médias et suscitent des débats passionnels. Tout ce qui se chuchote entre les théologiens depuis les années 1990 est débattu sur la place publique… Nous laissons aux lecteurs le plaisir de découvrir les développements surprenants que propose l’auteur de cette « Tempête au Vatican » par la volonté du pape Jean XXIV qui, inspiré et stimulé par la découverte de ces manuscrits, souhaite mettre l’accent sur l’essentiel du message chrétien : la lutte contre la pauvreté, la paix, la solidarité entre les hommes. Face à ces exigences évangéliques fondamentales certaines positions doctrinales apparaissent bien difficiles à accepter. Mais, demain comme hier,  aujourd’hui comme aux premiers temps, la confrontation entre ceux qui prônent l’ouverture et la rencontre avec les valeurs des nouveaux mondes et ceux qui restent crispés sur de soi-disantes intangibles traditions seront toujours d’actualité… Un livre à découvrir !

                                                                                 CVR 

L’Appel (décembre 2000)

 Tempête sur un brûlant thriller religieux

Les « polars religieux » sont à la mode. Face à un pape en fin de règne et aux controverses qui agitent divers milieux, il est bon d’esquisser, sous forme romancée, l’avenir de l’institution vaticane et de l’Eglise elle-même. Sur la forme, Tempête au Vatican, la dernière publication du genre, ne faillit pas à la règle. Mais elle diffère cependant de ses prédécesseur, qui hésitent souvent entre thriller religieux, politique-fiction, romance d’amour et texte à thèse sur une conjuration intégriste.

Certes, on retrouvera ici la plupart des ingrédients qui firent l’audace de parole (et le succès de librairie) de ces prédécesseurs : des milieux conservateurs qui complotent contre l’évolution de l’Eglise, des intrigues romaine, la question de la succession pontificale et de mystérieux documents que l’on met au jour. Mais, à la lecture, il apparaît vite que tout cela est finalement plutôt secondaire par rapport au fond.

 Audaces théologiques

Bien sûr, l’ensemble du livre repose sur une fiction, d’ailleurs pas toujours présentée avec beaucoup de légèreté : la découverte, en Syrie, de nouveaux textes remontant à l’âge du Christ, apportant d’intéressantes précisions notamment sur la vie de Jésus et de son entourage (ses frères, ses sœurs, Marie-Madeleine…), sur l’organisation des premières communautés chrétiennes et sur la manière (plus ou moins démocratique) dont le leadership est organisé.

Pour l’auteur, il est cependant clair que tout cela ne constitue qu’un prétexte pour faire le point sur une large série de questions débattues aujourd’hui dans les milieux théologiques, et qui pourraient conduire à remettre en cause des certitudes bien ancrées, sinon dans la mentalité de tous les croyants, du moins dans celle d’une certaine hiérarchie. En se laissant séduire par l’histoire, on en vient à réfléchir, avec l’auteur, à divers « possibles » qui deviennent presque des évidences en ce qui concerne l’historicité des Evangiles, le célibat de Jésus et celui des prêtres, le rapport des femmes à la prêtrise, la doctrine sexuelle de l’Eglise, etc. Incontestablement, on va ici plus loin dans la remise en cause que dans bon nombre d’autres thrillers catholiques. Ce qui fait de ce texte un « petit brûlot » qui, bien sûr, ne peut être contesté puisque son contenu se retranche derrière un ressort fictionnel.

On s’étonnera aussi de voir ce roman signé par un auteur, vraisemblablement belge, dont le nom a tout du pseudonyme et qui, même s’il se présente comme docteur en sciences, spécialiste en management et en environnement, affirme avoir d’abord suivi une formation universitaire en théologie. Le même étonnement concerne l’éditeur, qui avait jusqu’à présent veillé à s’inscrire par rapport au débat religieux dans une voie plutôt modérée, voire parfois quelque peu conservatrice…

Autant de mystères qui ne peuvent qu’exciter la curiosité. Et donc susciter la lecture, même si certains passages (peu romancés) méritent un petit effort…

                                                                                 Frédéric Antoine

Quinzaine Universitaire (15 novembre 2000)

Tempête au Vatican : théologie-fiction, polar, bons et méchants

– Raphaël jacquerye, vous venez de créer la surprise avec un livre intitulé Tempête au Vatican, dans lequel vous vous livrez à des exercices de style théologique savoureux. On a presque l’impression qu’il s’agit d’un document d’investigation, sauf qu’il se situe dans le futur…

– …un futur pas si éloigné. Je ne voulais pas traiter ce sujet sur le mode de l’essai. J’ai voulu y introduire un ressort dynamique, fait d’intrigues et de rebondissements, pour qu’il concerne un large public.

D’où vous êtes venue l’idée de ce roman ?

– J’ai eu souvent l’occasion de discuter avec des amis de questions abordées dans ce livre : les premières années du christianisme, le statut du dogme, l’ordination des femmes, la mariage des prêtres, etc. On m’a un jour lancé la formule classique : »Tu devrais écrire un livre là-dessus ! ». Comme j’ai quelques connaissances en théologie, je me suis dit : pourquoi pas ?

– C’est en tout cas de l’excellente vulgarisation d’une discipline rarement abordée dans ce style : la théologie…                                                                                                 

– Il existe des romans de religion fiction, mais on n’y prend guère de positions théologiques et on y ouvre encore moins le débat sur ce qui, au fond, intéresse les chrétiens d’aujourd’hui. C’est ce que je voulais faire : amener les chrétiens à débattre.

Le pape Jean XXIV, un héros de votre livre, émet au cours d’un concile le souhait d’arriver à une solution aux discussions réactivées par la découverte des manuscrits, pour en venir à l’essentiel : la lutte contre la pauvreté, la démographie, la paix, la solidarité…

­ – C’est en effet l’essentiel, ce qui correspond le plus au message évangélique. Face à cela, certains dogmes, en particulier celui de l’infaillibilité, ou certaine positions doctrinales, par exemple celles relatives à la contraception ou à l’interdiction de l’accès au sacerdoce aux femmes, sont inacceptables.

Combien de temps vous a pris ce travail ?

– Deux ans. J’ai dû faire pas mal de lectures en bibliothèque.

­– Celle du Vatican ?

­– Non, ici, à la faculté de théologie ! Le personnel me voyait avec une perplexité manifeste emprunter des piles de livres très spécialisés pour les ramener chez moi…

Un théologien aurait-il pu faire ce livre ?

– Bien sûr, mais aurait-il pu le publier ? j’en doute… Je crois qu’il n’est pas mauvais qu’un livre comme celui-ci vienne de quelqu’un qui n’appartienne pas au clergé, à un ordre ou à une congrégation. Il est iconoclaste sous bien des aspects, mais on ne trouve pas de pépites sans quelques coups de pioche. Et tous les fait squi sont mentionnés dans ce livre sont rigoureusement vrais, sauf bien sûr les événements situés dans l’avenir.

Un « méchant » de votre livre, l’abbé Gonzalez, revendique toujours deux mille ans de tradition pour tenter de clouer le bec aux réformistes. Alors que le célibat des prêtres ne date que d’après l’an mil…

– Exact. Ce n’est pas un dogme, c’est un simple règlement interne de l’Eglise. Les apôtres étaient mariés, beaucoup de prêtres et d’évêques des premiers siècles aussi, et saint Paul dit explicitement, à propos du célibat, qu’il n’y a pas d’enseignement du Seigneur à ce sujet. Peut-être le Christ était lui-même marié ou l’avait-il été ? Cela ne cadre pas, en effet, avec « deux mille ans de tradition ».

Le théologien Eugen Drewermann dénonce le célibat imposé comme une opération destinée à conforter la hiérarchie ecclésiastique et l’obéissance absolue…

– Il ne faudrait cependant pas tomber dans l’excès inverse et imposer le mariage aux clercs ! Mais l’obligation du célibat, selon cet auteur, repose en effet probablement en partie sur le désir de garder la mainmise personnelle sur les clercs, en les coupant de toute vie de famille, et donc de les maintenir dans une dépendance affective et sociale absolue. Le dogme de l’infaillibilité est de la même veine, sur le plan intellectuel cette fois. L’Eglise, liée par ce dogme aux positions antérieures, ne peut plus ni reconnaître qu’elle s’est trompée ni changer d’avis. Et que dire de l’obéissance et de la fidélité quasi imposées aux clercs, qui les dissuadent en général de l’expression de toute pensée libre ? Un de mes professeurs du secondaire, qui a été et est encore un prêtre exemplaire, fut dans les années 1970 l’auteur d’un livre évoquant sa perplexité face à certains dogmes. Il a été littéralement jeté à la rue par l’Eglise. Je ne l’ai jamais oublié.

On ne racontera pas tout de votre livre, pour ménager le suspens, mais le moins que l’on puisse dire est que vous réglez de manière originale la question de la place des femmes dans l’Eglise. Avec au passage quelques scènes prodigieusement drôles…

– Même des Evangiles canoniques, on peut déduire l’importance des femmes dans l’entourage de Jésus, par exemple du fait que, près du tombeau, c’est à Marie-Madeleine qu’il se présente : une de ses disciples amalgamées par la suite –comme c’est curieux– à la pécheresse repentante et qui, selon d’autres écrits, fut rapidement évincée par Pierre dès le départ de Jésus. Le machisme ambiant avait fait son œuvre. Dans le monde juif de l’époque, une femme ne pouvait pas recevoir d’enseignement religieux…

Refus des dogmes, méfiance à l’égard de la hiérarchie : ne seriez-vous pas plutôt protestant…

– J’ai peut-être des affinités avec les protestants de tendance libérale, mais pas avec les fondamentalistes. Et puis c’est cette Eglise qui m’a baptisé, alors elle devra bien « faire avec moi »… Les questions que je pose sont principalement adressées aux membres de l’Eglise catholique. Celle-ci ne doit-elle pas accepter que ses membres puissent s’exprimer librement ? D’autant plus que, j’en suis certain, de nombreux catholiques pensent comme moi ! J’ai veillé à ce que mes lecteurs prennent plaisir à lire ce livre, tout en y trouvant des informations percutantes pour continuer le débat. Car débat il y a. L’Eglise ne peut plus se voiler la face.

                                                                                 Berengère Deprez

ACL Informations (janvier 2001)

Un livre co-édité à Paris et à Bruxelles, écrit par un chimiste et traitant de problèmes religieux, voilà de quoi vous surprendre.

Cet ouvrage vous interpellera sûrement. L’auteur traite des sujets brûlants dans un roman-fiction dont le style est direct et rondement mené. Il a recours à des dialogues théologiques que certains ont qualifié de savoureux.

R.Jacquerye n’y va pas par quatre chemins. Il utilise, en bon chimiste, la nitroglycérine pour mettre à plat certains aspects de l’enseignement de l’Eglise. Ce livre, très agréable à lire, est pourtant plein d’érudition. L’auteur reprend, en effet, les résultats d’études exégétiques des vingt dernières année : il explique les conflits survenus entre les premiers chrétiens, il met en évidence le rôle prépondérant joué par Jacques, le frère de Jésus, au détriment de Pierre ; il confirme la place privilégiée des femmes auprès du Christ et particulièrement celle de Marie-Madeleine qui recevait ses confidences, ainsi que leur mise à l’écart après sa mort ; il expose les doutes des théologiens quant au célibat de Jésus…

Toujours écrit au picrate, ce livre nous décortique, dans des débats très vivants les positions actuelles intenables de l’Eglise vis-à-vis de la contraception, de l’accès des femmes au sacerdoce, du célibat obligatoire des clercs, de l’œcuménisme,… En revanche, il devrait vous convaincre de la pérennité du message et des valeurs évangéliques.

Le suspense est garanti et des passages d’une drôlerie surprenante vous attendent.

Vous ne sortirez pas indemne de la lecture de cet ouvrage très instructif, remettant en cause bien des idées reçues, et, pour ne rien gâcher, très divertissant.

Panorama (Paris janvier 2001)

Sous le roman à suspens autour d’une découverte de manuscrits en Syrie en 2014, l’auteur se livre à un véritable plaidoyer pour un nouvel aggiornamento de l’Eglise catholique. Tout y passe : l’exégèse, les dogmes, la place des femmes… avec quelques outrances mais une bonne connaissance (l’auteur a fait de la théologie). Sous la critique décapante, l’aspiration à une nouvelle force du message évangélique dépouillé des scories de l’histoire.

La Vie ( Paris 18 janvier 2001) 

Il s’agit d’un séisme de fiction. Tout commence en 2014, lorsqu’on découvre à Damas, des manuscrits datant des années 55 et 62 de notre ère. La Curie romaine tente en vain de les dissimuler : ils confirment des thèses qui ne lui disent rien qui vaille. Le Christ aurait eu des frères de sang, donc sa mère n’aurait pas été vierge ; il aurait eu une tendre préférence pour Marie-madelaine ; divers conflits auraient entaché la belle amitié des disciples. Théologiens progressistes et traditionalistes déballent leurs conflits devant les caméras du monde entier. Des religieuses manifestent. Le trône de Pierre vacille.

L’intérêt d’un tel ouvrage n’est pas tellement littéraire. L’auteur ne cache pas ses ficelles. Mais il a le mérite de se servir de la fiction et de l’humour pour vulgariser des débats qui, dans l’Eglise, se tiennent plus volontiers, d’ordinaire, à mots couverts.

 

                                                                                 Yves Viollier


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